Test long accompagné : êtes-vous bouc émissaire ?

 Êtes-vous bouc émissaire ?

test accompagné

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Incarnez-vous, dans votre environnement, la figure du bouc émissaire ?

… quelques questions à se poser
pour comprendre et prévenir …

Nous présentons ici une série de questions qui permettent de regarder son positionnement au sein du groupe. Quelques-unes de ces questions, en fonction du contexte, participent de notre outil stratégique « cartes sur table ».

Mais au-delà ces questions offrent la possibilité à chacun, groupe social, économique, religieux, politique de penser son positionnement au regard d’une collectivité plus large voire de collectivités concentriques. Elles permettent également de regarder de l’extérieur, c’est à dire d’étudier la ou les  figure(s) de potentiels boucs émissaires à travers un processus qui se développe avec certitude. Elles permettent aussi d’appliquer ces questions à des phénomènes de société, quelques parties des rubriques « études de cas » et « le bouc émissaire dans l’actualité » analysées par ailleurs en témoignent.

Prises dans une perspective dynamique, ces questions permettent de mesurer l’évolution de son positionnement dans le temps, ce qui est particulièrement utile dans une perspective volontariste et active. Il suffit pour cela de répondre aux questions à différents moments et de comparer les résultats obtenus.

Rappelons une des définitions que nous donnons de la figure du bouc émissaire : « est bouc émissaire celui qui, au prix de son exclusion, est l’instrument de la réconciliation du groupe. »

Bouc émissaire test Rémi Casanova

Avec les principaux mots du test : êtes-vous bouc émissaire ?

  • Sur la base de cette définition, commençons par poser quelques questions génériques :

Quelles sont vos différences avec les membres du groupe ? Vous sont-elles spécifiques ?

A travers ces questions, vous pouvez mesurer votre risque de marginalisation.

Ces différences vous éloignent-elles du groupe ?

Cette question complète la précédente ; si vous y répondez positivement, vous risquez de devenir bouc émissaire.

Êtes-vous seul, isolé ? Avez-vous des amis ? Des alliés ?

En répondant positivement aux deux premières questions, vous accentuez le risque d’être bouc émissaire ; répondre oui à la troisième question peut contrebalancer la logique de marginalisation.

Qui vous reproche quoi ? Ces reproches sont-ils accidentels ou sont-ils réitérés ?

Si les accusateurs sont nombreux, si les reproches sont eux aussi nombreux, variés et fréquents, vous devenez bouc émissaire.

Que reprochez-vous aux autres ? Que se reprochent les membres du groupe ?

A travers ces questions, vous mesurez l’état de dissensions du groupe et, de fait, votre place dans cette dynamique.

Êtes-vous exclu ? De quoi (dans le domaine relationnel autant que professionnel), selon quelle force et quelle fréquence ?

Plus l’exclusion est forte, brutale, totale, plus le groupe va mal et plus la victime peut être considérée comme émissaire.

De quoi le groupe pourrait-il se dédouaner par votre exclusion ?

Si les accusations puis l’exclusion évitent l’éclatement du groupe, font diversion, le processus est celui du bouc émissaire.

En quoi votre exclusion participe-t-elle de la réconciliation du groupe ?

Si votre exclusion soulage le groupe, permet au groupe de retrouver sérénité, cohésion, avenir radieux, vous êtes bouc émissaire.

 

 

  • Poursuivons en posant des questions étape par étape (au préalable, il est parfois utile de se repérer dans le déroulement du phénomène, ce discernement permettant un positionnement stratégique plus aisé). En face de chaque question, marqué en italique, nous indiquons les raisons pour lesquelles il est nous semble intéressant de se poser ces questions.

 Phase une, dite « apaisée » : le phénomène n’est pas visible, il est néanmoins amorcé.

Bouc émissaire test phase apaisée

Les questions à se poser lors de la phase apaisée.

* Quel est votre degré de connaissance concernant le phénomène du bouc émissaire ?

Un homme averti en vaut deux…

* L’avez-vous déjà vécu ?

La rencontre du phénomène laisse des traces, des idées, des représentations bonnes ou mauvaises, mobilise des affects et a des incidences pour la suite.  

Si oui, quelle était votre position (spectateur, auteur, victime ?

Cette question invite à penser d’une part que les traces ne sont pas les mêmes en fonction de sa position (à part peut-être une éventuelle culpabilité), d’autre part que certaines personnes peuvent avoir parfois tendance à reproduire le phénomène de même que la posture au cours de cycles ultérieurs.

Celle-ci a-t-elle évolué au cours du développement du phénomène ?

Cette question invite à adopter une posture méta réflexive, particulièrement importante pour trouver des réponses au cours de la suite du processus. D’autre part, la potentielle évolution de la posture au cours d’un cycle précédent indique que les effets du phénomène ne sont pas inéluctables, de même que le processus n’est pas linéaire.

* Quels enseignements en avez-vous tiré, sur votre environnement, sur vous, votre positionnement ?

Cette question complète la toute première : plus vous êtes lucide, mieux vous êtes à même de comprendre, d’agir, de ne pas subir le cycle qui s’annonce.

* Votre fonction au sein du groupe, et sa spécificité, sont-elles bien :

Marquées ?

Le marquage mérite d’être clair dans les espaces formels : les écrits officiels, les règlements, les organigrammes ; éventuellement dans les marquages spatio-temporels de l’institution – le bureau, le matériel, le fléchage etc. ; peut-être aussi dans les espaces informels : par exemple dont on en parle dans les interstices institutionnels comme les couloirs, la « machine à café » etc. Dans l’absolu, plus le marquage est réel, plus votre spécificité est reconnue, mieux est la situation… sauf si ce marquage provoque des jalousies.

Repérées ?

C’est-à-dire visibles et connues par les acteurs internes, les usagers et les partenaires. Dans l’absolu, le repérage est un gage de bonne organisation, donc éloigne le développement du phénomène… sauf si le repérage vous isole au point de vous marginaliser.

Respectées ?

Ce qui revient à dire que si vous pouvez exercer vos missions, la situation est bonne… sauf si d’autres, dans les mêmes conditions de réussite que les vôtres, et de manière significative, échouent…

Ces questions (marquage – repérage – respect) distinguent les différents éléments, les affinent, inscrivant la démarche d’abord dans l’espace institutionnel. C’est en effet lui qui est le cadre de la formation et du développement du phénomène, en même temps que c’est sa fonction que de bien garantir le bon fonctionnement du groupe.

* Quel le degré d’utilité réelle ou attribuée de votre fonction institutionnelle au sein du groupe ?

Le bouc émissaire est un phénomène d’exclusion, qui se focalise plus aisément sur les marges trop ou pas assez d’utilité stigmatise a priori.

* Avec combien de personnes êtes vous en lien dans le cadre de votre appartenance au groupe ?

Le dénombrement n’est pas facile ; néanmoins, il convient de s’y prêter car le phénomène est d’abord un délitement du lien, un processus d’isolement et d’esseulement ; plus vous avez  de liens avec de nombreuses personnes, plus vous avez de marge de manœuvre, de plages d’intervention potentielles ; mais c’est bien le rapport quantité / qualité qui importe, bien plus qu’un simple rapport quantitatif.

* Potentiellement, ces personnes, de votre fonction… ?

Intéressez-vous ici, à la fonction, c’est-à-dire au contexte institutionnel.

Sont-elles semblables ?

Vous courez alors le risque d’être confronté à la problématique du double mimétique ; la masse, le nombre sont alors des avantage car ils diluent ce risque),

Complémentaires ?

Vous avez là des alliés potentiels, a priori ; mais si la complémentarité échoue, vous risquez l’accusation d’incompétence et/ou d’inutilité,

Concurrentes ?

Vous avez affaire à une conséquence de personnes semblables ; souvent, la concurrence se focalise sur un objet « para institutionnel » ; souvent, il est question d’instrumentalisation de la fonction institutionnelle et lorsque cette concurrence est actée, par exemple par un organigramme ou des règles de fonctionnement, la responsabilité est institutionnelle et hiérarchique.

Adversaires ?

Souvent, il s’agit d’un d’état passager, contextualité, rarement institutionnalisé… rarement identifié comme tel, encore moins revendiqué…. « on se révèle être un adversaire », ce qui indique que c’est le contexte qui produit, le plus souvent, l’adversité.

* Quels sont vos signes distinctifs réels ou supposés, autoréalisés ou projetés, internes ou externes dans les domaines physiques, moraux (éthiques, déontologiques), professionnels, culturels, sociaux ?

Ces signes contribuent à constituer de façon quasi exhaustive ce que vous êtes, c’est à dire votre identité ; la liste doit être suffisamment exhaustive ; ce sont autant de leviers pour construire des alliances et déjouer des défiances, des attaques, éviter la constitution de stigmates.

* Quels sont ceux qui sont proches, qui vous rapprochent de ceux des personnes avec qui vous êtes en contact ? De ceux dévalorisés, attendus, valorisés par le groupe ?

* Quels sont ceux qui sont éloignés, qui vous éloignent de ceux des personnes avec qui vous êtes en contact ? De ceux dévalorisés, attendus, valorisés par le groupe ?

* Quels sont ceux qui sont complémentaires de ceux des personnes avec qui vous êtes en contact ? De ceux dévalorisés, attendus, valorisés par le groupe ?

* Quels sont ceux qui sont identiques à ceux attendus, valorisés par le groupe ? De ceux dévalorisés, attendus, valorisés par le groupe ?

* Quels sont ceux qui sont concurrents de ceux attendus, valorisés par le groupe ? De ceux dévalorisés, attendus, valorisés par le groupe ?

* Quels sont ceux qui sont très (trop) proches, très (trop) éloignés de ceux dévalorisés, attendus, valorisés par le groupe ?

* Quels sont ceux qui vous donnent une place indispensable ou au contraire qui sont inutiles, qui sont valorisés ou au contraire dévalorisés au sein du groupe ? Quel est le degré d’utilité, de spécificité de ces signes ? Quel est le ratio qualitatif et quantitatif de signes indispensables-inutiles, valorisés-dévalorisés dont vous êtes porteur ?

Cet état des lieux est essentiel à effectuer avec soin ; relativement rébarbatif exposé sous cette forme car très systématique, il est plus aisé à réaliser avec notre outil « carte sur tables ».

* Quels signes distinctifs repérez-vous chez les autres membres du groupe dans les domaines physiques, moraux (éthiques, déontologiques), professionnels, culturels, sociaux ?

Vous êtes invités ici à dresser un état des lieux qu’il convient d’établir, à ce moment, avec la plus grande impartialité possible. Exercice là-encore parfois laborieux, quelquefois douloureux, il est nécessaire car devient la base de votre positionnement stratégique à travers une posture de discernement délibérément adoptée.

* Pouvez-vous déceler des proximités, des rapprochements, des alliances immédiates ou à venir ? Pouvez-vous déceler des écarts, des éloignements, des conflits, des rivalités immédiates ou à venir ?

Rapprochements comme éloignements ne sauraient présager totalement de la suite du processus : il y a en effet des « mésalliances » ; des retournements d’alliances sont toujours possible en fonction de l’évolution du contexte et des rapports de force ; des alliances de circonstances sont fréquentes, surtout dans des contextes où la stratégie est importante et fine, etc.    

* Quel est le degré de qualité d’interaction entre les membres du groupe aux niveaux institutionnel, professionnel, individuel ? Y a-t-il des dérapages, des confusions de niveau ? Qu’en dire avec les usagers et les partenaires ?

Vous avez intérêt à favoriser un degré d’interaction élevé quantitativement et qualitativement. Pouvez-vous repérer les antagonismes réels ou tabous du groupe ? Difficiles à repérer avec certitudes, vous pouvez les pressentir. Ils ont toujours trait à l’identité du groupe dans ce qui le constitue : ses valeurs, ses missions, son fonctionnement. Les pressentir, les mettre à jour, parfois même les évoquer permet une prise de distance et un levier d’action sur le processus du bouc émissaire.

* Pouvez-vous repérer des conflits à venir relatifs aux personnes, aux compétences professionnelles, aux missions institutionnelles ?

* Pouvez-vous repérer votre degré d’implication potentielle dans ces conflits, au regard de vos signes distinctifs ?

Ni le repérage, ni le degré d’implication dans les problèmes à venir n’indique la suite du phénomène ; ils rendent lucides, permettent d’élaborer des scénarios de positionnement, et permettront d’être réactifs au cours des phases suivantes.

 

Pour résumer les questions à se poser lors de la phase apaisée (phase 1/7) :

  • Au regard du contexte, quelles sont vos ressources, quels sont vos points faibles ? Comment sont-ils vécus par votre environnement ?
  • Quels sont les ressources, les points faibles de votre environnement ? Comment les vivez-vous ?

 

Phase deux, dite « d’apparition des obstacles » : les clivages apparaissent au sein du groupe.

Test bouc émissaire apparition des obstacles

Les questions à se poser lors de l’apparition des obstacles

* Quel degré d’implication, de responsabilité avez-vous et/ou vous attribue-t-on dans les problèmes que rencontre le groupe ?

Cet examen de votre  situation, qui peut être fait individuellement si vous êtes suffisamment lucide, collectivement (avec des collègues) ou avec un ou plusieurs tiers (professionnel ou non) permet d’établir une stratégie à un niveau visible de ses agissements, attitudes, comportements dans le quotidien du groupe.

* Les problèmes sont-ils de nature personnelle, professionnelle, institutionnelle ?

Le problème se manifeste le plus souvent au regard d’une « crise » dans une situation professionnelle ; pour autant, il ne s’agit là que de la manifestation du problème que vous devez disséquer de façon horizontale (c’est-à-dire au regard de la situation elle –même dans ce qui la précède et la suit) et verticale (dans les profondeurs et les hauteurs de ce qu’elle signifie).

* Pouvez-vous contribuer à faire prendre conscience et à résoudre les problèmes conjoncturels que rencontre le groupe ?

En effet, en résolvant les problèmes qui se posent quotidiennement (les réponses n’étant pas seulement immédiates), vous contribuez à « bloquer » le phénomène à la phase à cette phase du processus, voire à le faire rétrograder en phase une. D’une façon plus stratégique, vous contribuez à marquer votre place, positive, en participant à un travail collectif (il est essentiel d’être dans l’action collectif sous peine de se voir esseulé) ; vous créez par ailleurs des alliances potentielles.

* A ce qu’ils restent conjoncturels et qu’ils ne deviennent pas structurels ?

Ainsi, vous évitez l’enkystement, la sclérose, le blocage et vous évitez par conséquent le déplacement vers d’autres problématiques et le développement du phénomène.

* A les circonscrire au domaine qui les concerne ?

Vous évitez ainsi la propagation à d’autres domaines (d’autres thèmes, d’autres modalités de résolution -par exemple la discrimination et la stigmatisation-) d’autres registres relationnels – le personnel- d’autres problématiques (le développement des tabous) ; vous  restez et/ou vous permettez de traiter les problèmes dans le registre où il mérite d’être traité (familial, professionnel, sociétal selon le cas).

* Parmi vos signes distinctifs, lesquels évoluent en signes neutres, positifs ou négatifs ?

Vous êtes invité à reprendre les signes que vous avez évoqués précédemment (lors de la phase apaisée) et à les passer scrupuleusement en revue ; bien sûr certains signes ne seront pas unanimement partagés par les membres du groupe : il vous appartient de distinguer et de nuancer.

* En quoi cette évolution est-elle justifiée ?

Il s’agit là de regarder le plus lucidement les choses, ce qui n’est pas aisé : il est souvent nécessaire de se faire accompagner pour cet item et ceux qui suivent.

* En quoi est-elle liée, directement ou indirectement, réellement ou imaginairement, façon vraie ou fallacieuse (erronée) aux problèmes que rencontre le groupe ?

* En ce qui concerne l’évolution des signes, dans les  domaines positifs et négatifs, les écarts constatés sont-ils significatifs au point de vous marginaliser ?

La marginalisation est bien souvent une étape importante vers la discrimination négative : les écarts importants, positifs comme négatifs, sont des indicateurs de la marge donc du processus potentiel de marginalisation.

* Pouvez-vous mesurer le degré d’implication des autres membres du groupe dans le déroulement et la résolution des problèmes ?

* Quelle évolution, positive ou négative, des signes distinctifs des autres membres du groupe, mais aussi de membres extérieurs ?

Vous repérez ainsi qui se trouve dans une dynamique de marginalisation.

* Chez les autres membres du groupe (mais aussi chez les membres en lien avec le groupe), quels sont les signes que vous valorisez, que vous dévalorisez ? Que vous considérez comme positifs, comme négatifs ? S’incarnent-ils ? Dans quoi (des personnes, des fonctions, des statuts, des lieux, des institutions, d’autres groupes etc.) ?

Vous mesurez ainsi les dynamiques de rapprochements, d’éloignements, d‘alliances potentielles dont vous êtes acteur.

* Repérez-vous, chez d’autres membres du groupe, individuellement ou collectivement, une attribution plus ou moins ciblée vers des objets (personnes, fonction, statuts, lieux, autres groupes etc.) considérés comme positifs ou négatifs ?

* Pouvez-vous dresser une « carte des proximités » au sein et à l’extérieur du groupe ?

Vous avez ainsi une vision globale de la situation. Vous pouvez vous situer et projeter des stratégies.

* Pouvez-vous prévoir un ou plusieurs scénarios d’évolution de cette « carte » ?

Ainsi, vous vous placez dans une perspective active, vous vous ouvrez des possibles, sans vous enfermer dans une stratégie unique.

 

Pour résumer les questions à se poser lors de la phase d’apparition des obstacles (phase 2/7) :

  • Parmi vos signes distinctifs, lesquels sont-ils transformés en signes négatifs ou positifs ?
  • Face aux problèmes que le groupe rencontre, sur qui pouvez-vous compter ? Qui peut compter sur vous ?
  • Faites-vous face à des critiques, des accusations ? Si oui, avez-vous des alliés et des défenseurs ? Avez-vous des détracteurs et des accusateurs ?

Phase trois, dite de la « recherche du bouc émissaire » : les signes distinctifs deviennent victimaires, ils sont diversifiés, ils commencent à se focaliser.

Test bouc émissaire Casanova recherche

Les questions à se poser lors de la phase de recherche

* Quels enseignements pouvez-vous tirer du déroulement des deux premières étapes ?

* Pouvez-vous dresser un état des lieux des problèmes que rencontre le groupe ?

* Pouvez-vous évoquer en détails votre implication dans les problèmes et leur résolution ?

* Qui vous reproche quoi ?

Si personne ne vous reproche rien, c’est que vous n’êtes pas central dans le développement du phénomène.  

* Combien de personnes ? Quelles sont leurs caractéristiques individuelles par rapport au groupe ?

Vous mesurez ainsi les rapports de force au sein du groupe. Plus les accusateurs sont nombreux, plus vous  risquez de devenir bouc émissaire.

 * Ces accusateurs sont liés entre eux de quelle façon ?

Vous mesurez ainsi la cohésion, peut-être la cohérence de vos accusateurs.

* Dans quels domaines vous reproche-t-on des choses ? De quoi vous accuse-t-on ?

Plus les reproches sont diversifiés, plus vous  risquez de devenir bouc émissaire.

* Avec quelle force les reproches s’exercent-ils ?

Plus les reproches sont forts, plus vous  risquez de devenir bouc émissaire.

* Avec quelle insistance les reproches s’exercent-ils ?

Plus les reproches sont insistants, plus vous  risquez de devenir bouc émissaire.

* Avec quelle répétition les reproches s’exercent-ils ?

Plus les reproches sont répétés, plus vous  risquez de devenir bouc émissaire.

* Quelle est la réalité de ces reproches ?

Vous mesurez ainsi la cohérence des reproches. Des reproches fondés sont parfois plus aisés à réduire que des reproches injustifiés.

* Dans quelle mesure ces reproches entravent-il le fonctionnement du groupe ?

Plus les reproches entravent le fonctionnement du groupe, plus le dénouement est proche.

 Les relations au sein du groupe ?

Plus les reproches entravent les relations au sein  du groupe, plus le dénouement est proche.

Les reproches et accusations masquent-ils d’autres problèmes (relationnels, de rivalités, de compétences etc.) ?

Plus les reproches masquent d’autres problèmes, plus ils risquent d’être difficiles à dénouer puis à régler.

* Avez-vous des soutiens ?

On mesure ainsi le rapport de force immédiat et la stratégie à venir

Quelle est leur place, leur force au sein du groupe ?
De quelle nature sont ces soutiens (amicale, professionnelle, éthique…) ?
Dans quels domaines ces soutiens se manifestent-ils ? A quels moments ? Avec quelle constance ? Quelle solidité et stabilité ?

* Soutenez-vous des personnes du groupe ?

                        Pourquoi ?

* Quelle est leur place, leur force au sein du groupe ?

* Dans quels domaines ? A quels moments ? Avec quelle constance, quelle stabilité ?

* Avez-vous des alliés ?

Les alliés sont différents des soutiens ; l’alliance, que l’on théorise ailleurs, est la base de la lutte contre la marginalisation. C’est l’idée simple que l’union fait la force et donc que seul, on est plus fragile.

                        De quelles natures sont ces alliances ? Sont-elles durables, stables, structurelles ?

Aucune alliance n’est totalement fiable. Les alliances de compétences ne sont par exemple ni plus ni moins solides a priori que les alliances de circonstances (pour éviter de se retrouver seul par exemple) ou les alliances affectives : c’est toujours l’évolution du contexte, sur lequel il est possible d’agir au moins partiellement, qui détermine le devenir des alliances.

                        Qui sont vos alliés ? Dans quels domaines ? Avec quelle force, stabilité ?

* Reproche-t-« on » des choses à d’autres personnes ?

A travers les personnes, on trouve des alliés ou des accusateurs potentiels… elles peuvent être attractives ou répulsives selon les cas et les stratégies adoptées ;

 Lesquelles sont proches de celles que l’on vous reproche ?
Lesquelles sont éloignées de celles que l’on vous reproche ?

A travers les « choses », on mesure la diversité et la multiplicité des accusations ; de fait on mesure également  leur éparpillement potentiel et relatif.

* Y a-t-il des personnes épargnées par les accusations ?

On pourra essayer de comprendre pourquoi elles sont épargnées : on peut leur attribuer des compétences, des rôles particuliers au sein le groupe (leader par exemple), une « transparence » etc.

* Y a-t-il des accusateurs systématiques ?

Ce sont les meneurs, pas forcément les leaders…parfois ils accusent estimant que l’attaque est  la meilleure des défenses ; ils ont alors eux-mêmes des choses à se reprocher.

* Qui sont-ils au sein du groupe ? Quels sont les liens qui les unissent ? Quels sont leurs signes distinctifs ? Quelle est leur force au sein du groupe ? Sur quoi cette force est-elle fondée ?

Il s’agit de savoir qui accuse et comment, de mesurer leur force et leur stratégie pour ainsi comprendre pourquoi on est accusé et développer des stratégies de positionnement.

* Dans quelle mesure portent-ils des accusations tous azimuts ou au contraire focalisées ? Quel est le degré de focalisation sur des reproches et sur des personnes ?

Vous mesurez ainsi votre degré de stigmatisation en même temps que le degré de structuration des accusateurs à travers les accusations qu’ils portent ;

En dressant cet état des lieux, vous voyez si vous êtes seul concerné, mais aussi si les reproches vous concernent réellement.

Pour résumer les questions de l’étape de recherche du bouc émissaire (phase 3/7) :

  • Dans quelle mesure, par qui, avec quelle force et dans quels domaines, les reproches se focalisent-ils sur vous ? 

Phase quatre, dite de la « désignation du bouc émissaire » : les signes victimaires sont suffisants pour provoquer la désignation.

Test bouc émissaire Casanova désignation

Les questions à se poser lors de la phase de désignation

* Qui sont vos accusateurs ?

* Quel est leur nombre ?

* Quelle est leur force ?

* Quels liens les unissent ? Avec quelle force sont-ils unis ?

* Ces éléments vous permettent d’envisager des stratégies dirigées vers les personnes plus ou moins accusatrices.

* Quelles sont les accusations dont vous êtes la cible ?

* De quelle nature sont-elles ?

* Sont-elles de force et d’importance égales ?

* Quelle est leur fréquence ?

* De quelles importances réelles sont-elles ?

* Dans quelle mesure sont-elles fondées, initialement ou ultérieurement ?

* Dans quelle mesure sont-elles construites artificiellement ?

* Les accusations masquent-elles d’autres problèmes (relationnels, de rivalités, de compétences etc.) ?

* Ces éléments vous permettent d’envisager des stratégies dirigées vers les domaines d’accusations plus ou moins fortes et persistantes.

* Y a-t-il des domaines dans lesquels vous êtes valorisés ?

                        Quels sont ces domaines ? Dans quelle mesure ? Aux yeux de qui ?

Ces éléments vous permettent d’envisager des stratégies positives, d’alliances, de renversement des processus victimaires.

Y a-t-il des personnes neutres ?
                        Comment se manifeste cette neutralité ?

* Dans quels domaines se manifeste la neutralité ?

Vous serez particulièrement attentif aux domaines liés aux accusations, de même qu’aux personnes concernées.

* Y a-t-il des personnes indifférentes ?

                        Comment se manifeste cette indifférence ? Est-elle totale ?

Peut-être est-elle liée aux domaines d’accusations uniquement, ce qui ouvre des perspectives stratégiques particulières.

* Avez-vous des soutiens ?

* Quelle est le fondement de ces soutiens ?

Cette question est importante car elle amène pour vous la nécessité de travailler ces soutiens et de les conforter. Certaines personnes peuvent vous soutenir croyant en votre innocence, d’autres peuvent vous soutenir par compassion, d’autre par affection…la nature du soutien aide à déterminer la stratégie à déterminer.

* Avec quelle force peuvent-ils intervenir ou prendre partie ?

* Ainsi vous pourrez déterminer des stratégies offensives, défensives, de contournement ou d’évitement…  

* Avez-vous des alliés ?

* Quelle est le fondement de ces alliances ?

Certaines alliances sont contractées pour de bonnes, d’autres pour de moins bonnes raisons… il y a parfois de faux alliés comme il y  peut y avoir des alliances de circonstances… il peut y avoir aussi des retournements d’alliance…la dynamique de l’alliance aide à construire la stratégie à venir.

* Avec quelle force peuvent-ils intervenir ou prendre partie ?

Là encore, la réponse à cette question vous aide à déterminer des stratégies offensives, défensives, de contournement ou d’évitement…  

* A quoi les accusations se substituent-elles ?

Il convient d’essayer d’y voir clair, dans la complexité des divers enjeux de la situation.

                 Individuellement ?

Les accusateurs ont aussi parfois des choses à se reprocher individuellement ; il s’agit de déceler les stratégies voire les problématiques individuelles.

                 Collectivement, au regard de la nature du groupe ?

Ce sont alors les antagonismes réels, les tabous que vous essayez de dévoiler …

* Quel impact a votre parole ? Vos actes ?

Cela permet de mesurer votre place dans le groupe, le degré de marginalisation, de discrimination, de victimisation. L’impact sera parfois positif, mais à ce stade du processus, il sera surtout négatif.

                        Auprès de qui ? Quelles paroles, quels actes ont de l’impact ?

Qu’il soit positif ou négatif, l’impact des paroles et des actes est un indice de stigmatisation et donc un élément à considérer pour construire une stratégie à réduire l’impact négatif et à augmenter l’impact positif.

* Votre exclusion est-elle évoquée ?

* En quelle(s) circonstance(s) ?

* Par qui ?

* De quoi êtes-vous ou seriez-vous exclu ?

* Selon quelles modalités (des paroles, des attitudes, des fonctionnements etc.) ?

 * Avec quel niveau de brutalité ?

* Comment vivez-vous la situation ?

* Quelles sont vos ressources ?

* Quel est le degré d’affectation, de votre souffrance ?

* Le risque est à la perte de confiance en soi, à la culpabilité, au désarroi, au doute, au repli sur soi etc.

* Quel recul, quelle lucidité avez-vous sur la situation ?

Peut-être faut –il être aidé pour établir ce diagnostic tant le risque est à la confusion, à la focalisation, à l’impossibilité à se (re)centrer sur le professionnel, à devenir ce que les accusateurs voudraient que l’on soit.

Pour résumer les questions à se poser lors de la phase de désignation du bouc émissaire  (phase 4/7) :

Les reproches qui se focalisent sur vous sont-ils « suffisamment » forts et unanimes ?

Votre exclusion apparait-elle comme une solution aux yeux de vos accusateurs ? 

 

Phase cinq, dite « d’emballement mimétique » : les accusateurs et les accusations s’entraînent et déchaînent.

Test bouc émissaire Casanova Emballement mimétique

Les questions à se poser lors de la phase d’emballement mimétique

* Les accusations se multiplient-elles ?

* A quelle vitesse ?

* Quelle est leur fréquence ?

* En quels lieux sont-elles dressées ?

* Repérez-vous une ritualisation de la démarche accusatoire, dans le temps et dans l’espace, dans le déroulement des accusations ?

* D’où viennent les accusations ?

* Combien de personnes différentes vous accusent-elles ? A quels domaines s’adressent les accusations (professionnel, personnel, relationnel, psychologique etc.) ?

* Les accusations sont-elles cohérentes ?

* Dans quelle mesure sont-elles structurées ?

* Dans quelle mesure sont-elles concertées ?

* Quelles accusations vous semblent injustifiées ?

* Vos accusateurs sont-ils cohérents entre eux ?

* Sont-ils soudés ?

* Pouvez-vous repérer le(s) leader(s), son impact sur le groupe, sa force réelle ?

* Dans quelle mesure les accusateurs s’emballent-ils ? A quels moments ? Dans quels domaines ?

Certains mots, certains thèmes déclenchent l’ire du groupe. Parfois, l’attaque est indirecte : on parle d’un problème qui concerne a priori tout le monde et immédiatement, les attaques fusent et se dirigent vers le bouc émissaire.

* Votre exclusion est-elle évoquée ?

* Par qui ?

* De quoi ?

* A quelle fréquence est-elle évoquée ?

* Dans quel contexte ?

* A travers les accusations, pouvez-vous repérer quelles remises en question le groupe évite ?

Pour résumer les questions à poser lors de la phase d’emballement mimétique (phase 5/7) :

  • Les reproches qui vous sont adressés se succèdent-ils de façon de plus en plus rapide, de plus en plus fort ?
  • Votre exclusion apparait-elle comme la solution aux problèmes du groupe ?

Phase six, dite de « dénouement » : l’exclusion se manifeste.

Test bouc émissaire Casanova exclusion

Les questions à se poser lors de la phase de dénouement

 * Quelles sont les modalités de votre exclusion ?

            Dans le temps ?
            Dans l’espace ?
            Avec quelle force ?

* De quoi êtes-vous exclu ?

* Avec quelle perspective ?

* Qui offre ces perspectives : vous, vos soutiens, vos alliés, le groupe, la hiérarchie du groupe, l’institution ?

            Ici et maintenant ?

* Avez-vous possibilité de négocier ; avez-vous des recours ?

            Dans l’avenir ?

* Pouvez-vous envisager et préparer un ailleurs meilleur ? 

Pour résumer les questions à se poser lors de la phase de dénouement (phase 6/7) :

  • Selon quelles modalités,
    *
    avec quelle force,
    *
    avec quelles conséquences
    *
    votre exclusion se produit-elle ?
  •  Quelles perspectives avez-vous ? 

Phase sept, dite « d’apaisement » : après la tempête, le calme s’instaure.

Bouc émissaire test Casanova Apaisement

Les questions à se poser lors de la phase d’apaisement

 * Quelle reconstruction pouvez-vous envisager ?

                  Sur le plan personnel ?
 Sur le plan professionnel ?
 Sur le plan relationnel ?

* Quels enseignements tirez-vous de cette expérience ?

                  * Connaissance sur vous-même ?

                  * Connaissance sur l’environnement et de ses mutations ?

                  * Compréhension des dynamiques de groupe ?

                  * Compréhension des moments cruciaux dans les groupes ?

                  * Vigilance en ce qui concerne les évolutions au sein du groupe ?

* Adaptation de son positionnement au cours de la vie du groupe ?

* Quelles résolutions pouvez-vous prendre pour la suite ?

                 Utilité, marquage, repérage, respect de votre fonction au sein du groupe, et sa spécificité ?
Niveau de complémentarité des membres du groupe ?

Pour résumer les questions à se poser lors de la phase d’apaisement (phase 7/7):

  • Quelle reconstruction pouvez-vous envisager ?
  • Quels enseignements tirez-vous de ce que vous avez vécu ? 

 

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