Le bouc émissaire, en finir avec l’« expiation »

Le bouc émissaire, en finir avec l’« expiation », un article de Shmuel Trigano, chez Pardès, dans l’opus « La Bible et l’Autre », en 2002, dans sa livraison 3, pages 117 à 127.

Couverture de la revue Pardès intitulée La Bible et l'Autre

Plusieurs articles remarquables sur le bouc émissaire dans cette livraison de la revue.

 

Le texte commence par ceci : « Les associations d’idées qui nous viennent habituellement à l’esprit lorsque nous considérons le récit biblique du bouc émissaire nous font perdre le plus souvent sa dimension la plus pertinente. L’interprétation la plus courante replace le dispositif du bouc émissaire dans son contexte social, c’est-à-dire dans le cadre des rapports humains, en identifiant dans le bouc émissaire l’exutoire votif de la concurrence et de l’angoisse des hommes. »

Et se termine par ceci : « Le bouc disparu conduit au Dieu caché. Qu’il soit laissé en vie est significatif de ce qu’il est compté en surcroît et pas en moins, comme le bouc sacrifié. Mais le destin différent des deux boucs est inséparable du destin de la même collectivité, traversant deux états successifs de sa vie, celui où elle est sous le signe de la hiérarchie, du classement et du jugement, celui où elle est sous le signe de la grâce et de la proximité. L’éthnologue Victor Turner développe une telle problématique en reprenant Durkheim et Buber, en avançant que toute collectivité passe successivement par deux états, celui de societas et celui de communitas. L’envoi du boucémissaire vivant crée une intériorité (au-dedans du rideau/mibeit la parokhete) au sein du campement d’Israël, une intériorité qui, pour se constituer, doit passer par le dehors (le désert de Dieu), ce dehors étant le lieu
de la Divinité, de l’étrangeté au sein (betokh) du campement, l’idéal étant que les deux dimensions soient réunies, la complétude étant atteinte par le don. C’est ce que recherche le rite de kippour. »

Le texte complet : ici